École des amours

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samedi 21 janvier 2017

Interview + recherche sur l'école à la maison

Pour le blog Apprendre avec bonheur de Lise Isa, j'ai répondu à ses questions concernant l'école à la maison, notamment sur mon essai sur l'école à la maison que j'ai réalisé il y a quelques années. Pour voir l'interview, c'est ici.

Mon essai de maîtrise avait pour titre : Éducation à domicile : impacts sur le rendement académique et la socialisation. À l'époque, j'avais recensé tout ce que je trouvais comme articles scientifiques sur la question. J'ai alors remis en 2010 un essai très étoffé comportant de nombreuses références. J'avoue que lorsque j'ai remis le document à mon Université, celui-ci ressemblait davantage à un mémoire qu'à un essai en terme d'épaisseur (on ne change pas... j'étais déjà très bavarde à l'écrit Hihi!). Ma directrice de recherche était très impressionnée par mon travail et m'a offert de poursuivre avec elle en faisant un doctorat. ;) J'étais alors enceinte de ma puce ; mes priorités étaient maintenant ailleurs. ;)

Voici donc ici, le lien pour lire cet essai. En le livrant à Lise Isa pour sa propre recherche pour son livre, je me suis dis qu'il serait plus utile ainsi qu'en dormant simplement sur les tablettes poussiéreuses de mon Université. ;)

Si vous manquez de temps pour lire 156 pages (hihi!), j'avais écrit de petits résumés sur mon blog à ces débuts.

- Ce qu'en disent les recherches 
- Enseigner lorsqu'on n'a pas de formation
- Impacts à long terme de l'école à la maison sur la socialisation
- Intégration aux études supérieures
- Rendement académique
- Liens avec des variables susceptibles d'influencer les résultats aux tests de rendement académique

Voilà! En espérant faire profiter mon travail de plusieurs longs mois à d'autres. J'ai débuté mon essai un peu avant de devenir enceinte de ma puce et j'ai 'accouché' de ce long document tout juste avant d'accoucher de ma puce. ;)


Liste de souhaits Livres pour Coralie
Liste de souhaits de livres pour ma puce atteint de leucémie
Mon témoignage de cette épreuve ici
Liste de souhaits Livres pour Océane
Liste de souhaits de livres pour ma grande



mercredi 11 janvier 2012

Liens avec des variables susceptibles d’influencer les résultats aux tests de rendement académique

Voici la suite de l'impact de l'éducation à domicile sur le rendement académique. Ici, il sera question des liens avec des variables susceptibles d'influencer les résultats aux tests de rendement académique. En effet, lors de mon billet précédent libellé 'Ce qu'en disent les recherches', j'ai présenté des recherches montrant que les jeunes éduqués à domicile obtenaient un rendement académique supérieur ou égal aux jeunes éduqués à l'école traditionnelle. Ici, je vous présente des études qui ont tenté de voir s'il pouvait y avoir d'autres variables (autre que le fait d'être éduqué à la maison) qui pourraient expliquer les résultats supérieurs de ces jeunes. 

1. Les parents éduquant leurs enfants à domicile sont en moyenne plus éduqués que la population générale. Est ce que ce fait pourrait expliquer les résultats supérieurs des jeunes éduqués à domicile? Dans le projet d’étude de Wartes (1990), celui-ci a observé que même les élèves dont les parents ont 12 ans et moins d’éducation obtiennent des résultats supérieurs au Stanford Achievement Test (SAT)Celui-ci conclut que la peur que les enfants de parents moins éduqués soient académiquement désavantagés ne reçoit pas de support de ces résultats. Même conclusion du côté de l’étude de Rakestraw (1988) : le niveau d’éducation des parents n’affecte pas la performance des enfants aux tests. Même chose du côté de l’étude de Richman et al. (1990) (et Russell, 1994) puisque ceux-ci ont observé une très faible relation entre le niveau d’éducation des parents et les résultats des élèves éduqués à domicile. 

2. L’étude de Rudner (1999) a pour sa part observé une différence dans le niveau de performance des élèves éduqués à domicile dépendamment du niveau d’éducation de leurs parents. En effet, dans son étude, les élèves de parents ayant un diplôme de niveau collégial ou plus performent davantage que ceux dont leurs parents n’ont pas de diplôme collégial. Par contre, les élèves éduqués à domicile qui ont des parents sans diplôme collégial ont tout de même des résultats supérieurs aux élèves éduqués dans les écoles publiques, comme dans le projet d’étude de Wartes (1990). En sommes, bien que le niveau d’éducation des parents semble avoir une influence sur la performance aux tests, cette seule variable ne semble pas être la seule cause expliquant que les jeunes éduqués à domicile obtiennent des résultats supérieurs ou égaux à la moyenne nationale même lorsque les jeunes ont des parents moins éduqués. Les études de Ray (1997, 1994, 2009) obtiennent les mêmes résultats, spécifiant que bien qu’il y ait relation entre le niveau d’éducation des parents et les résultats aux tests de rendement, cette relation est faible. De plus, cette relation est généralement plus faible pour les élèves éduqués à domicile que pour les élèves allant à l’école publique (NCES, 2007). C’est-à-dire que les résultats des élèves allant à l’école publique seraient davantage influencés par l’éducation de leurs parents que les résultats des élèves de l’éducation à domicile. Ainsi, l’écart entre le rendement académique d’un élève dont les parents seraient peu éduqués et le rendement académique d’un élève dont les parents seraient plus éduqués (exemple, ayant un baccalauréat) serait plus grand chez les élèves allant à l’école traditionnelle que chez les élèves de l’éducation à domicile.   

3. Pour ce qui est de la relation entre le revenu familial et le rendement académique des jeunes éduqués à domicile, les études n’observent aucune relation ou une faible relation. L’étude de Wartes (1990) et Richman et al. (1990) conclu que le revenu familial est un faible prédicteur du succès des élèves éduqués à domicile, alors que l’étude de Russell (1994) conclut que cette variable n’est pas un prédicteur du rendement académique de ces jeunes. Pour sa part, l’étude de Rudner (1999) obtient une différence significative concernant le rendement académique des jeunes éduqués à domicile basée sur le revenu familial. Les enfants des familles à revenu élevé ont des résultats significativement supérieurs aux enfants des familles à faible revenu. Pour sa part, Ray (1997, 1994) n’a pas observé cette relation dans ces études canadiennes et états-uniennes. Par contre, il a observé cette différence lors de sa plus récente étude états-unienne (Ray, 2009). Dans cette étude, plus le revenu familial était élevé, plus les enfants avaient des résultats élevés aux tests de rendement standardisés. Par contre, cette relation est très faible. De plus, même lorsqu’on observe une telle relation, les enfants vivant dans une famille à faible revenu obtiennent tout de même des résultats supérieurs à la moyenne des élèves fréquentant les écoles publiques (Wartes, 1990 ; Ray, 2009).

4. Quelques études ont examiné si le niveau de structure de l’enseignement à domicile avait une influence sur le rendement académique des jeunes. L’enseignement à domicile pouvant être pratiqué de diverses manières, allant de l’enseignement très structuré où le parent suit un programme scolaire prédéterminé au non structuré comme l’unschooling où aucun enseignement formel n’est prodigué à l’enfant. Les résultats des recherches ayant été effectuées sur cette question ne semblent pas démontrer de forte relation entre le niveau de structure et les résultats académiques. Les études de Richman et al. (1990) et Wartes (1990) ont observé peu ou pas de relation entre le niveau de structure et les résultats académiques. Richman et al. (1990) concluant que les décisions politiques visant à imposer un programme structuré ou un nombre minimum requis d’heures d’enseignement formel par semaine n’obtiennent pas de support empirique. La conclusion de Richman et al. (1990) concernant le nombre d’heures d’enseignement formel est également confirmée par l’étude de Ray (1994) qui n’a pas obtenu de corrélation entre le temps passé à des activités d’enseignement formel et le rendement scolaire des jeunes éduqués à domicile.

5. Ray (1997, 2009) a tenté d’analyser s’il y avait une relation entre le niveau de contrôle de l'État sur l’éducation à domicile et le rendement académique. En effet, il a classifié les États selon leurs politiques de contrôle à l’égard de l’éducation à domicile. Les États classés dans la catégorie « contrôle bas » sont ceux qui ne requièrent aucun contrôle. Ceux classés dans la catégorie « contrôle modéré » sont ceux qui requièrent que les parents envoient à l’État des résultats du rendement académique de leurs jeunes par le biais de tests ou par le biais d’une évaluation des apprentissages par un professionnel. Ceux classés dans la catégorie « contrôle élevée » sont ceux qui requièrent la même chose qu’à la catégorie « contrôle modéré » en plus d’autres exigences comme suivre un programme approuvé par l’État, que les parents soient diplômés en enseignement, ou qui imposent des visites par des officiels de l’État. Les deux études de Ray n’ont montré aucune relation entre le niveau de contrôle exercé par l’État sur l’éducation à domicile et le rendement académique des jeunes. Ce qui amène celui-ci à conclure qu’il n’y a aucune évidence que l’augmentation du contrôle à l’égard des familles pratiquant l’éducation à domicile améliorerait les apprentissages des enfants enseignés à domicile.

Conclusion : 

Comme le souligne l’étude Maarse Delahooke (1986) il est également possible que leurs résultats supérieurs puissent s’expliquer par le fait que les parents qui choisissent d’éduquer leurs enfants eux-mêmes ont un grand intérêt pour l’éducation et un fort désir de contribuer et de s’investir dans l’éducation de leurs enfants. Ce qui fait en sorte qu’il serait impossible et même présomptueux de conclure que l’éducation à domicile est une meilleure option éducative pour tous les jeunes, et donc que tous les jeunes auraient de meilleurs résultats académiques en étant éduqués à domicile. En effet, un parent qui ne serait pas intéressé par l’éducation ou qui n’aurait pas le désir de s’investir à temps plein dans l’éducation de son enfant (plutôt que seulement pour les devoirs du soir) pourrait faire en sorte que ce jeune obtienne des résultats moindres que s’il fréquentait les bancs d’école. Je crois, en effet, que pour être efficace, le choix de l’éducation à domicile doit être fait par des parents qui désirent s’investir en temps et en énergie dans l’éducation de leurs enfants. Finalement, il est possible que les résultats supérieurs aux tests de rendement académique observés dans certaines études soient également expliqués par le faible ratio élève-professeur qui est plus probable lorsque l’élève est éduqué à domicile. En effet, l’élève éduqué à domicile bénéficie d’un faible ratio élève-professeur qui lui permet, par exemple, d’avoir un enseignement plus personnalisé, qui suit son rythme, qui lui fournit des rétroactions au fur et à mesure, etc.        

Références

National Center for Education Statistics (NCES) (2007). NAEP Data Explorer analyses for 2007, 8th grade Reading, Writing, and Math. Récupéré le 16 octobre 2009 de http://nces.ed.gov/nationsreportcard/nde/  


Rakestraw, J.F. (1988). Home schooling in Alabama. Home School Researcher, 4 (4), 1-6.  

Ray, B.D. (2009). Homeschooling across America: Academic achievement and demographic characteristics. Salem: National Home Education Research Institute.


Ray, B.D. (1997). Strengths of their own---Home schoolers across America: Family caracteristics, students achievement, et longitudinal traits. Salem: National Home Education Research Institute. 

Ray, B.D. (1994). A nationwide study of home education in Canada: family caracteristics, student achievement, and other topics. Salem: National Home Education Research Institute.


Richman, H.B., Girten, W. et Snyder, J. (1990). Academic achievement and its relationaship to selected variables among Pennsylvania homeschoolers. Home School Researcher, 6 (4), 9-16.

Rudner, L.M. (1999). Scolastic achievement and demographic caracteristics of home school students in 1998. Education Policy Analysis Archives, 7 (8). Récupéré le 4 décembre 2008 de http://epaa.asu.edu/epaa/v7n8/


Russell, T.J. (1994). Cross-validation of a multivariate path analysis of predictors of home school student academic achievement. Home School Researcher, 10 (1), 1-13. 

Wartes, J. (1990). Recent results from the Washington homeschool research project. Home School Researcher, 6 (4), 1-7.  


mardi 13 décembre 2011

Rendement académique

Plusieurs recherches ont porté sur cette question. Voici donc un résumé des résultats de plusieurs de ces recherches. Je ne parlerai pas de tous puisque cela deviendrait répétitif. 
  
- Le Washington Homeschool Research Project montrent que les craintes que les élèves éduqués à domicile soient désavantagés sur le plan de leur rendement scolaire comparé à leurs pairs fréquentant l’école ne sont pas confirmées (Wartes, 1990) puisque ceux-ci obtiennent des résultats supérieurs à la moyenne nationale.

- Une étude de Richman, Girten et Snyder (1990) a permis de conclure que les résultats des études de Wartes pouvaient être généralisés à d’autres populations d’élèves éduqués à domicile (ici, population de l’état de Pennsylvanie), avec d’autres instruments d’évaluation et d’autres saisons d’évaluation (ici, à l’automne plutôt qu’au printemps).

-Une étude utilisant un large échantillon a été conduit à travers tous les États-Unis (Ray, 1997). Cette étude a été effectuée auprès de 5402 enfants provenant de 1657 familles. 1952 enfants de cette étude avaient complété un test de rendement académique durant les quatre derniers mois précédents l’étude. Les résultats sont très élevés dans tous les tests de rendement académique : lecture (87e percentile), langage (80e percentile), mathématique (82e percentile), compréhension orale « total listening » (85e percentile), sciences (84e percentile), études sociales (85e percentile), habiletés d’étude « study skills » (81e percentile), batterie de base (lecture, langage et mathématiques) (85e percentile) et batterie complète (87e percentile). Selon l’auteur de cette étude, tous les résultats sont significativement supérieurs à la moyenne nationale qui se situe au 50e percentile. 

-M. Ray (1994) a également conduit une étude sur les caractéristiques des familles et des enfants du Canada pratiquant l’éducation à domicile et sur le rendement académique. L’échantillon était composé de 2594 enfants provenant de 808 familles de toutes les provinces et territoires du Canada, bien que le Québec soit sous-représenté. Encore une fois, les résultats à ces tests sont plus élevés que la moyenne nationale (50e percentile): lecture (80e percentile), compréhension orale (84e percentile), langage (76e percentile), mathématique (79e percentile), sciences (82e percentile), études sociales (81e percentile), batterie de base (lecture, langage et mathématiques) (79e percentile) et batterie complète (82e percentile). Des résultats encore similaires se répètent dans l’étude de Van Pelt (2003, résumé dans Faris, 2006) effectué auprès de 1080 élèves canadiens. Dans cette étude, plus de 94% des élèves à domicile ont obtenu des résultats supérieurs à la moyenne canadienne. 

-L’étude de Rudner (1999) a permis de contrer certaines critiques des recherches citées jusqu'à présent. Notamment, elle a été réalisée par M. Rudner, un chercheur qui n’est pas relié au mouvement de l’éducation à domicile et dont les enfants ont fréquenté l’école publique. De plus, contrairement aux études précédemment mentionnées, les familles choisissaient de participer à l’étude avant de connaître les résultats au test de rendement de leurs enfants, ce qui réduit la probabilité que seulement les résultats plus élevés soient rapportés. Ainsi, la possibilité de rapporter des résultats élevés et de ne pas rapporter des résultats faibles était considérablement diminuée. 
Dans chaque matière et à chaque niveau, les enfants éduqués à domicile ont obtenu des résultats significativement supérieurs à ceux de leurs pairs des écoles publiques et privées. Puisque l’éducation à domicile permet à chaque enfant de progresser à leur propre rythme, presque un enfant sur quatre (24,5%) se situait à un niveau supérieur ou plus pour son âge. Dans la conclusion de son étude, M. Rudner (1999) note le fait que bien que les enfants éduqués à domicile obtiennent des résultats supérieurs à la norme nationale sur tous les tests utilisés, l’étude ne prouve pas que l’éducation à domicile est supérieure à l’école publique ou privée. Cette étude permet simplement de conclure que l’éducation à domicile fonctionne bien pour ceux qui ont choisi cette option éducative 

-Une des études les plus récente ayant été effectué sur cette question a été conduite en 2008 auprès de 11 729 participants dans tous les états des États-Unis, encore une fois par le président du NHERI, Dr. Brian Ray (2009). Encore une fois, les résultats aux tests de cette étude sont très encourageants concernant le rendement académique des jeunes éduqués à domicile. Les résultats aux tests se situant entre le 84e percentile et le 89e percentile, soit de 34 à 39 points au-dessus de la moyenne nationale (50e percentile). Par exemple, en sciences, les jeunes éduqués à domicile se situent au 86e percentile, soit 36 points au-dessus de la moyenne nationale. Les autres résultats aux sous-tests sont : lecture (89e percentile), langage (84e percentile), mathématique (84e percentile), études sociales (84e percentile), combinaison de lecture, langage et mathématique (88e percentile) et le total de tous les sous-tests mis ensemble (86e percentile).  

Puisque la plupart des études semblent démontrer que les élèves éduqués à domicile obtiennent des résultats comparables ou supérieurs à la moyenne, il serait pertinent de se demander s’il y a aussi des variables reliées aux caractéristiques des familles qui font ce choix éducatif qui pourraient expliquer ces résultats. Par exemple, les familles faisant l’éducation à domicile étant en moyenne plus éduquées, il est possible de se demander si les enfants éduqués à domicile ont parfois des résultats supérieurs à la moyenne simplement parce que leurs parents sont plus éduqués. Ainsi, on peut penser que ces jeunes auraient aussi eu des résultats supérieurs à la moyenne également s’ils avaient fréquenté une école publique ou privée.  
Je discuterai des liens avec des variables susceptibles d’influencer les résultats aux tests de rendement académique lors de mon projet article libellés : Ce qu'en disent les recherches. 

Références

Ray, B.D. (2009). Homeschooling across America: Academic achievement and demographic characteristics. Salem: National Home Education Research Institute.

Ray, B.D. (1997). Strengths of their own---Home schoolers across America: Family caracteristics, students achievement, et longitudinal traitsSalem: National Home Education Research Institute.  

Ray, B.D. (1994). A nationwide study of home education in Canada: family caracteristics, student achievement, and other topics. Salem: National Home Education Research Institute. 

Richman, H.B., Girten, W. et Snyder, J. (1990). Academic achievement and its relationaship to selected variables among Pennsylvania homeschoolers. Home School Researcher, 6 (4), 9-16.

Rudner, L.M. (1999). Scolastic achievement and demographic caracteristics of home school students in 1998. Education Policy Analysis Archives, 7 (8). Récupéré le 4 décembre 2008 de http://epaa.asu.edu/epaa/v7n8/

Wartes, J. (1990). Recent results from the Washington homeschool research project. Home School Researcher, 6 (4), 1-7.  

samedi 12 novembre 2011

Intégration aux études supérieures

Dans mon billet précédent, j'ai présenté quelques études qui semblent démontrer que les jeunes éduqués à domicile n’ont pas de problème de socialisation une fois adulte. En effet, ils sont impliqués dans leur communauté et ont acquis de bonnes habiletés sociales. De plus, ils semblent bien s’intégrer sur le marché du travail. Qu’en est-il de la transition au collège pour ces jeunes qui n’ont jamais ou peu fréquenté l’école (publique ou privée) ? Ont-ils acquis les habiletés sociales nécessaires pour vivre une bonne transition et un bon ajustement au collège ? 

Les résultats de l'étude de Lattibeaudiere (2000) révèlent que les étudiants (collèges et universités) ont vécu des expériences positives en faisant l’éducation à domicile qui ont contribué à leur transition et leur ajustement au collège. L’éducation à domicile ne semble pas avoir limité les opportunités de socialisation de ces étudiants puisqu’ils ont mentionné avoir participé en moyenne à quatre ou cinq activités en dehors de la maison avant d’entrer au collège ou à l’université. De plus, une des raisons pour lesquelles les parents choisissent d’éduquer leurs enfants à domicile est pour protéger leurs enfants de l’influence négative de la pression par les pairs. Cette étude révèle que l’éducation à domicile a fourni à ces jeunes un environnement émotionnel sécuritaire qui leur a permis de se développer en tant qu’individu unique sans avoir à vivre les pressions pour se conformer aux normes et standards projetés par la société et les pairs. De plus, ces étudiants apparaissent bien adaptés sur les plans interpersonnel, social et émotionnel à l’expérience de la vie au collégial. Cette étude a également révélé que ces jeunes ont appris à interagir efficacement et à communiquer avec des individus de tous les groupes d’âge, et non pas seulement avec leurs pairs. Ceci peut expliquer le niveau de confort qu’ont ces jeunes à communiquer et négocier avec les professeurs et les membres de leurs campus. Finalement, l’étude de Lattibeaudiere (2000) mentionne que les gens sont souvent surpris lorsqu’ils rencontrent des jeunes ayant été éduqués à domicile parce que ceux-ci ne cadrent pas avec les stéréotypes typiques du jeune éduqué à domicile (exemple : gêné, renfermé, etc.).    

 Une autre étude a été conduite afin d’étudier l’ajustement des jeunes éduqués à domicile au collège (White, Williford, Brower, Collins, Merry et Washington, 2007). Ces chercheurs mentionnent en introduction que l’habileté des jeunes éduqués à domicile à s’ajuster avec succès à la vie collégiale est un critère important pour démontrer les résultats positifs de l’éducation à domicile. Les auteurs de cette étude ont comparé les résultats au College Adjustment Scale (CAS) de 36 étudiants de première année au collège (18 ayant été éduqués à domicile et 18 autres d’âge, de race et de genre équivalent ayant été éduqués à l’école traditionnelle). Aucune différence significative n’a été trouvée entre les deux groupes sur 8 des 9 échelles du CAS. Les différences entre les groupes se situant à l’échelle anxiété. En effet, les jeunes ayant été éduqués à domicile rapportent significativement moins de symptômes d’anxiété que leurs homologues éduqués à l’école traditionnelle. Cette étude supporte l’idée que les jeunes ayant été éduqués à domicile ne rencontrent pas plus de problèmes dans leurs relations interpersonnelles que les jeunes ayant été éduqués à l’école traditionnelle. Ce qui suggère que les jeunes ayant été éduqués à domicile sont ajustés à la vie collégiale aussi bien que les jeunes collégiens en général.

L’étude Holder (2001) en arrive également à la conclusion que les jeunes ayant été éduqués à domicile sont bien préparés pour la transition au collège. En entrevue, les jeunes ont mentionné que le support parental et leurs conseils pour leur développement social sont des aspects clés de leur socialisation. La plupart des jeunes de l’échantillon ont mentionné que la transition sociale vers le collège n’a pas été une expérience difficile. Bien que les participants ont mentionné avoir eu un ajustement à faire pour être dans un large groupe de pairs, plusieurs sentent que leur expérience de l’éducation à domicile interagissant avec des gens d’âge différents a été une aide pour leur adaptation à l’environnement social du collège.
  
 Finalement, une autre étude très récente a été conduite afin d’examiner la relation entre l’éducation à domicile et les traits de personnalité d’étudiants du collège (White, Moore, Squires, 2009). Ces traits de personnalité sont : l’Ouverture à l’expérience, la Conscience, l’Extraversion, l’Agréabilité et le Névrotisme. Ces traits de personnalité ont été mesurés en utilisant le NEO Five Factor Inventory (NEO-FFI) Form S (âge collégial) avec un groupe de 51 étudiants du collège ayant été éduqués à domicile auparavant. Cette étude révèle que les jeunes ayant été éduqués à domicile obtiennent des résultats significativement supérieurs à la norme nationale de leurs pairs d’âge collégial sur les échelles d’Agréabilité, de Conscience et d’Ouverture à l’expérience. Un résultat élevé à l’échelle Agréabilité révèle des caractéristiques telles que : ouverture aux autres, digne de confiance, altruiste, modeste et avoir une orientation plus prosociale envers les autres. Un résultat élevé à l’échelle Consciences révèle que se sont des individus bien organisés, avec une auto-discipline, orientée vers la tâche et le but, capables de retarder les gratifications et avec une tendance à suivre les codes et normes morales. Un résultat élevé à l’échelle Ouverture à l’expérience montre une tendance à être ouvert à de nouvelles expériences, de nouvelles idées et de nouvelles valeurs. Ce dernier résultat va à l’encontre des critiques qui expriment que l’éducation à domicile peut produire des individus fermés d’esprit (Wright, 1988). Au contraire, ce résultat révèle que les jeunes ayant été éduqués à domicile sont plus indépendants et plus créatifs que les jeunes ayant été éduqués à l’école traditionnelle. Aucune différence significative n’a été trouvée entre les jeunes ayant été éduqués à domicile et les normes nationales pour les échelles Névrotisme et Extraversion. Ce dernier résultat montre également que les inquiétudes à propos du fait que l’isolement social des jeunes éduqués à domicile pourrait les rendre excessivement introvertis ne sont pas supportées par les données de cette étude. Cette étude apporte donc un support à la croyance que les pratiques uniques de socialisation des familles faisant l’éducation à domicile peuvent avoir un impact positif sur le développement de la personnalité de ces jeunes. Finalement, cette étude n’apporte aucun support aux critiques qui croient que l’éducation à domicile auraient un impact négatif sur l’ouverture aux idées des autres dans la société ou avoir un impact négatif sur les dimensions émotionnelles et sociales de la personnalité des jeunes ayant été éduqués à domicile.         

Quel sera le sujet de mon prochain billet recherche??? Si vous avez des questionnements, je pourrais peut-être trouver réponse dans mes nombreuses recherches, donc n'hésitez pas. J'aime bien me replonger dans mon essai. :)

Références : 

Holder, M.A. (2001). Academic achievement and socialization of college students who were home schooled. Thèse de doctorat, The University of Memphis, Memphis.  

Lattibeaudiere, V.H. (2000). An exploratory study of the transition and adjustment of former home schooled students to college life. Thèse de doctorat, The University of Tennessee, Knoxville. 

White, S., Moore, M. et Squires, J. (2009). Examination or proviously homeschooled college students with the Big Five Model of personality. Home School Researcher, 25 (1), 1-7. 

White, S., Williford, E., Brower, J., Collins, T., Merry, R. et Washington, M. (2007). Emotional, social and academic adjustment to college: A comparison between Christian home schooled and traditionally schooled college freshmen. Home School Researcher, 17 (4), 1-7.


Wright, C. (1988). Home school research: Critique and suggestions for the future. Education and Urban Society, 21, 96-113.

Impacts à long terme de l'école à la maison sur la socialisation

Est ce que l'école à la maison pourrait causer des préjudices au niveau de l'employabilité et de la socialisation des jeunes éduqués à la maison une fois adulte? Voici ce qu'en disent les recherches (recherches réalisées aux États-Unis puisqu'il existe peu de recherches ayant été fait au Canada) : 

Les résultats de l'étude de Webb (1989) révèlent que les enfants éduqués à domicile se sont bien intégrés à la société en atteignant généralement de hauts niveaux d’éducation et d’emplois. Celle-ci conclut sa recherche en disant qu’il n’y a aucune évidence montrant que l’éducation à domicile cause des préjudices en ce qui a trait à l’employabilité et à la socialisation des jeunes éduqués à domicile. Elle ajoute qu’ils sont peut-être même mieux préparés socialement que certains de leurs pairs qui ont fréquenté des établissements scolaires traditionnels. 

Knowles et Muchmore (1995) ont eux aussi trouvé aucune évidence montrant que les adultes ayant été éduqués à domicile avaient été désavantagés d’une manière ou d’une autre. Deux tiers de ces adultes seraient mariés, ce qui correspond à la norme pour les adultes de leur âge. De plus, aucun d’eux (les participants à la recherche) ne seraient sans emploi et/ou bénéficiaire d’une assistance sociale quelconque. 40% auraient atteint le collège et 15% auraient un diplôme d’études supérieures, ce qui est largement supérieur à la moyenne. Également, presque deux tiers des adultes ayant été éduqués à domicile seraient des travailleurs autonomes. Il mentionne que le fait que plusieurs adultes ayant été éduqués à domicile sont des travailleurs autonomes supporte l’idée que ce sont des personnes qui tendent à être indépendantes. 

Les résultats de l'étude de Ray (2004) montrent que 74% des adultes (18 à 24 ans) ayant été éduqués à domicile ont pris des cours au collège, alors que c’est le cas pour 46% de la population générale aux États-Unis. De plus, les données de sa recherche révèlent que 71% s’engagent dans des activités de services à la communauté (entraîner des équipes de sports, bénévole dans une école…)  comparée à 37% des adultes d’âge similaire aux États-Unis. Finalement, 76% des adultes ayant reçu une éducation à domicile qui ont entre 18 et 24 ans ont voté dans les cinq dernières années comparées à seulement 29% pour le même groupe d’âge dans la population des États-Unis. L’auteur en conclut donc que l’éducation à domicile fournit des adultes activement impliqués dans leur communauté, même plus que la moyenne des adultes aux États-Unis. Celui-ci rapporte aussi une étude faite par Smith et Sikkink (1999, dans Ray, 2004) disant que les enfants issus de l’école privée et de l’éducation à domicile sont considérablement plus impliqués civilement dans la sphère publique que les élèves de l’école traditionnelle publique même quand les effets des différences dans le niveau d’éducation, de revenu ou autres facteurs reliés sont contrôlés. 


Références : 



Knowles, J.G. et Muchmore, J.A. (1995). Yep! We’re grown-up, home schooled kids—and we’re doing just fine, thank you! Journal of Research on Christian Education, 4 (1), 35-56.

Ray, B.D. (2004). Home educated and now adults: Their community and civic involvement, view about homeschooling and other traits. Salem: National Home Education Research Institute.


Webb, J. (1989). The outcomes of home-based education: Employment and other issues. Educational Review, 41 (2), 121-133.   

vendredi 11 novembre 2011

Enseigner lorsqu'on a pas de formation d'enseignant

Pour poursuivre mon volet 'recherche' sur l'éducation à domicile, j'ai pensé présenter ici ce que les études ont démontré en lien avec les résultats académiques des enfants qui ont des parents ayant une formation en enseignement versus ceux qui n'en ont pas. Je veux en faire mention ici parce que certaines personnes doutent que les parents n’ayant pas de diplôme en enseignement puissent enseigner adéquatement à leurs enfants. Donc, voici quoi répondre à ses personnes :) 

Les données de toutes les études que j'ai consulté ne démontrent aucune relation entre le fait d’avoir ou pas un diplôme d’enseignement et les résultats aux tests de rendement (Wartes, 1990 ; Richman et al., 1990 ; Rakestraw, 1988 ; Rudner 1999 ; Ray, 1997 ; Ray, 1994 ; Ray, 2009). En effet, les élèves de parents qui ont un diplôme en enseignement n’ont pas de meilleurs résultats que les élèves de parents qui n’ont pas de diplôme en enseignement. Ces résultats n’apportent donc aucun support aux critiques qui croient que le contact avec un professeur est important pour le succès de l’éducation à domicile. 

Références :

Rakestraw, J.F. (1988). Home schooling in Alabama. Home School Researcher, 4 (4), 1-6.  

Ray, B.D. (2009). Homeschooling across America: Academic achievement and demographic characteristics. Salem: National Home Education Research Institute.

Ray, B.D. (1997). Strengths of their own---Home schoolers across America: Family caracteristics, students achievement, et longitudinal traits. Salem: National Home Education Research Institute.  

Ray, B.D. (1994). A nationwide study of home education in Canada: family caracteristics, student achievement, and other topics. Salem: National Home Education Research Institute.

Richman, H.B., Girten, W. et Snyder, J. (1990). Academic achievement and its relationaship to selected variables among Pennsylvania homeschoolers. Home School Researcher, 6 (4), 9-16.

Rudner, L.M. (1999). Scolastic achievement and demographic caracteristics of home school students in 1998. Education Policy Analysis Archives, 7 (8). Récupéré le 4 décembre 2008 de http://epaa.asu.edu/epaa/v7n8/

Wartes, J. (1990). Recent results from the Washington homeschool research project. Home School Researcher, 6 (4), 1-7.  

dimanche 30 octobre 2011

Ce qu'en disent les recherches

J'ai pensé y inclure à l'occasion quelques conclusions de recherches sur l'éducation à domicile. Ayant consulté la littérature en long et en large afin de réaliser mon essai de maîtrise, je suis assez documentée de ce côté! Dans mon essai, j'ai fait une présentation du phénomène en passant par les lois, la prévalence, l'historique du phénomène, les raisons principales des familles ayant fait ce choix ainsi que le profil de ces familles. Par la suite, j'ai fait une synthèse des recherches sur l'impact de l'éducation à domicile sur le rendement académique et sur la socialisation. J'en ai lu des articles scientifiques! Bref, après avoir fait tout ce travail pour l'obtention de mon diplôme de 2e cycle universitaire, je me suis dis 'pourquoi ne pas faire profiter les autres de tout ce travail?'


Voici donc pour cette fois, en vrac, quelques conclusions des recherches ayant porté sur les habiletés sociales puisque c'est souvent la question qui revient le plus fréquemment lorsque l'on mentionne aux gens que nous faisons l'école à la maison.


1. L’étude de Maarse Delahooke, (1986) a permis de découvrir que les enfants éduqués à domicile sont aussi bien ajustés socialement et émotionnellement que le groupe de comparaison composé de jeunes de deux écoles privées. Par contre, des différences sont évidentes en ce qui concerne les relations sociales. Il a été découvert que le groupe de l’école privée était plus influencé par leurs pairs que le groupe de jeunes éduqués à domicile. De plus, les jeunes du groupe ayant été éduqués à domicile percevraient plus souvent leurs parents comme étant les figures principales d’autorité que les jeunes éduqués à l’école privée.


2. Les résultats de la recherche de Taylor (1986) démontrent que les enfants éduqués à domicile ont un concept de soi significativement plus élevé que la population générale d’enfants allant à l’école traditionnelle. Taylor mentionne aussi que ces résultats concernant les enfants éduqués à domicile sont peut-être dus au plus au niveau d’intérêt parental et de communication, à leur indépendance envers leurs pairs, à leur sens des responsabilités et au plus bas niveau d’anxiété. Il conclut que dans la mesure où le concept de soi est un indicateur de la socialisation, il apparaît que peu d’enfants qui reçoivent un enseignement à domicile sont socialement désavantagés.


3.  Les résultats de l'étude de Shyers (1992) ont dévoilé que les enfants de l’école traditionnelle avaient huit fois plus de problèmes de comportement que les enfants éduqués à domicile. Ces enfants ont été décrits comme étant agressifs, bruyants et compétitifs. De leur côté, les enfants éduqués à domicile avaient peu de problèmes de comportement et étaient décrits comme ayant une attitude plus amicale, positive et coopérative. Shyers fût lui-même surpris de ces résultats et conclu que les enfants éduqués à domicile semblent généralement mieux ajustés socialement que les enfants issus de l’école traditionnelle. Shyers a suggéré qu’une des raisons pouvant expliquer les différences observées entre les deux groupes est le fait que les enfants imitent les comportements des gens qu’ils observent le plus souvent. Les enfants de l’école traditionnelle passent beaucoup plus de temps en présence d’autres enfants et peu en présence d’adultes, alors que c’est le contraire pour les enfants éduqués à domicile. Les enfants de l’école traditionnelle modèleraient alors leurs comportements sur les autres enfants qu’ils fréquentent tous les jours de la semaine, alors que les enfants éduqués à domicile modèleraient davantage leurs comportements sur celui de leurs parents.

4. Les résultats de l'étude de Francis et Keith (2004) indiquent que les enfants éduqués à domicile ont obtenu des résultats plus élevés aux échelles d’habiletés sociales que ceux de l’école traditionn. Les auteurs concluent que cela suggère que l’éducation à domicile a un effet positif statistiquement significatif sur les habiletés sociales de ces jeunes. Les chercheurs mentionnent qu’une variable pouvant expliquer les plus hauts résultats aux habiletés sociales chez les jeunes éduqués à domicile peut être le plus bas ratio professeur-élève qui permet un contact parent-enfant plus étroit. Ainsi, cela augmente l’opportunité de rétroaction parentale pour les comportements sociaux appropriés et inappropriés.

5. Medlin (2006) conclut sa recherche en mentionnant que les jeunes éduqués à domicile étaient plus coopératifs, affirmatifs, empathiques et ayant un bon contrôle de soi, et ce, davantage que les jeunes éduqués à l’école publique.


6. Brady (2003), dans sa revue de littérature, relate que les jeunes éduqués à l’école traditionnelle sont plus influencés et plus préoccupés par leurs pairs que leurs homologues éduqués à domicile. L’auteur conclut alors que l’interaction avec les pairs peut être un important facteur de succès du développement de la personnalité, mais la qualité de ces interactions est également importante. Les jeunes qui vivent dans une culture dominée par l’influence des pairs sont plus exposés aux influences négatives de ceux-ci, tels le rejet et l’entraînement à la déviance. De plus, il mentionne que les recherches ont démontré que l’augmentation du contrôle parental peut augmenter le succès de la socialisation et du développement de la personnalité. Il explique que l’augmentation de comportements sociaux positifs peut être due, en partie, à la supervision et à la régulation de l’adhésion à un groupe de pairs et à des activités avec des pairs par les adultes ou les figures parentales. En effet, la dynamique et l’adhésion à des groupes de pairs éventuels sont contrôlées par les adultes ou les figures parentales. Ceci pourrait diminuer l’orientation des jeunes vers des comportements déviants en diminuant leur implication à l’intérieur de groupe de pairs délinquants. Brady (2003) mentionne que le modèle de l’éducation à domicile pourrait justement accomplir une augmentation du contrôle parental et une augmentation de la supervision des pairs. En effet, les jeunes éduqués à domicile, de par la nature de leur éducation, sont élevés dans un environnement « parent dominant » (parent-dominant) comparé à la dominance des pairs qui est retrouvé dans les environnements des écoles traditionnelles. Ceci donne aux jeunes éduqués à domicile beaucoup moins d’opportunités dans s’engager et d’être influencés par des discours déviants.

7. les résultats de l’enquête de Scheer (2006) indiquent que les parents qui éduquent leurs enfants à domicile enseignent les habiletés de socialisation en utilisant des situations de la « vraie vie » comme des activités de groupe, des clubs, des réunions de famille, des activités sportives, des interactions avec des adultes, le modelage des parents, l’église et des discussions sur les habiletés. Peu de ces parents utiliseraient un programme spécifique pour enseigner ces habiletés. De leur côté, les écoles publiques enseigneraient les habiletés sociales en utilisant un programme et un élève moniteur durant les heures d’école pour déterminer à quel point chaque habileté a été apprise. 

Voilà très rapidement quelques résultats d'études! Il y en a bien sûr d'autres! La prochaine fois, je pourrais vous présenter les recherches qui ont porté sur les répercussions à long terme de l'éducation à domicile sur la socialisation. Éventuellement, je pourrais aborder l'impact de l'éducation à domicile sur le rendement académique. Les études démontrent souvent que les enfants éduqués à domicile obtiennent un rendement académique supérieur ou égal à ceux des enfants fréquentant l'école traditionnelle. Mais, y aurait-il des variables susceptibles d'expliquées ces résultats et qu'en est-il de leur performance lorsqu'ils arrivent aux études supérieures? À suivre...


Références :

Brady, M.S. (2003). Social development in traditionally schooled and home educated children: A case for increased parental monitoring and decreased peer interaction. Home School Researcher, 15 (4), 11-18.

Francis, D.J. et Keith, T.Z. (2004). Social skills of home schooled and conventionally schooled children: A comparison study. Home School Researcher, 16 (1), 15-24.

Maarse Delahooke, M. (1986). Home educated children’s social/emotional adjustement and academic achievement: A Comparative study. Thèse de doctorat, California School of Professional Psychology, Los Angeles.

Medlin, R.G. (2006). Homeschooled children’s social skills. Home School Researcher, 17 (1), 1-8.

Scheer, L.D. (2006). Academic achievement and socialization skill development of North Dakota home schooled children. Thèse de doctorat, University of North Dakota, North Dakota.

Shyers, L.E. (1992). A comparison of social adjustment between home and traditionally schooled students. Home School Researcher, 8 (3), 1-8.

Taylor, J.W. (1986). Self-Concept in home-schooling children. Résumé de sa thèse récupéré le 4 octobre 2008 de http://www.hslda.ca/supfiles /selfconcept.pdf